22.05.2006

Un autre avis sur le projet de Ventes-de-Bourse

Une quarantaine de personnes ont écouté les explications de Jean Verague. 
 
Le géomorphologue Jean Verague a étudié le projet d'aire de stockage des déchets. Pour le scientifique, l'étude d'impact est à refaire.
Petit rappel. Début janvier, le préfet autorisait Sita France à réaliser un site d'enfouissement des déchets aux Ventes-de-Bourse. Mais les élus du Pays mêlois ont déposé un recours devant le tribunal administratif. Ce dernier a ordonné un sursis à exécution début mars, interdisant le début des travaux.
 
En attendant, les opposants ne restent pas pour autant les bras croisés. Samedi matin, l'association Respectez notre nature a proposé une rencontre avec Jean Verague, géomorphologue. Chargé de recherche au CNRS, docteur d'État, ce dernier est l'auteur d'une thèse sur la plaine d'Alençon et le massif d'Écouves. Il s'est manifesté en découvrant le projet à la télévision. Et samedi matin, il a dit ce qu'il pensait de l'épais dossier de demande d'autorisation réalisé par Sita France. « Compte tenu de ma spécialité scientifique et de mon expérience de chercheur, je ne peux pas être d'accord avec l'étude d'impact », a déclaré Jean Verague. Il estime qu'elle est à refaire, « Les données de la carte géologique du BRGM (le Bureau de recherches géologiques et minières, NDLR) n'apparaissent pas clairement dans le document. » À la lecture du dossier, il a constaté que les données étaient dispersées, « On parle de l'eau partout sans jamais faire de synthèse et je cherche toujours la conclusion générale. Je suis entièrement d'accord avec le tribunal administratif quand il estime que l'étude d'impact est insuffisante. Sita estime que la nappe phréatique, à 80 mètres, ne serait pas polluée. Je ne vois pas pourquoi elle ne le serait pas » Concernant la pollution, le chercheur estime qu'elle sera potentielle, « La nature arrive au bout de toutes les combinaisons chimiques possibles, c'est simplement une question de durée. »
 

Dans la salle, après avoir observé les croquis projetés au mur, certains ont souligné la nécessité « d'un débat scientifique contradictoire. » En attendant le jugement sur le fond du tribunal administratif. Celui-ci devrait être rendu à partir de septembre.

Maville.com 22 mai 2006

08:25 Publié dans ORNE | Lien permanent | Envoyer cette note